Balade philosophique

Seul cloitré dans ces grands espaces, aucun bruit perceptible, je ne peux voir au-delà de cette enceinte. Obstruant ma vue telle une cataracte, mon esprit avec la force d’un bélier tente de faire tomber ces murs. Les définitions, les notions et propositions s’entrent choc dans un chaos monumental jusqu’au moment ultime. Comme un éclair illuminant le ciel, ces objets deviennent ordonnés. Tout à coup, les liens se créaient et devant moi apparaissent toutes les connexions. Un grand bruit résonne, les murs de l’édifice religieux chutent. Un voile tombe laissant découvrir de nouveaux territoires vierges. Il faudrait peut-être être un aventurier fou pour vouloir explorer ces contrées sauvages. Je veux prendre le risque de me perdre dans cette folie. Mais que trouve-t-on de l’autre côté ?

D’autres espaces infinis qui se prolongent jusqu’à des murailles invisibles. Tout est à recommencer, il faut tout remettre dans l’ordre. Une reconstruction et une adaptation de la grande Œuvre sont nécessaires. Je m’excuse, cette partie n’est pas juste. Tout n’est pas à refaire, cela est tout simplement un sentiment personnel et non absolu. À chaque barrière tombée, il me faut tout remettre à plat, et cela tout au long de mon infiniment petite existence. Il est important de considérer toutes les possibilités à nouveau. De toute façon, nous avons une infinité de nouvelles conditions, donc une infinité de choix. Cela tombe bien, je n’ai pas le temps dans une vie qui dure un instant. Mon effort insignifiant soit-il, n’a pas pu faire tomber le Grand Mur ? Comment explique-t-on sa chute ?

De nouveaux au pied d’un mur plus grand, plus solide que le précédent, le bélier frappe avec sa lourde tête en métal. Les chocs s’enchainent les uns après les autres de manière cyclique. L’horloge tourne avec une mécanique si bien huilée. Je réalise que je ne suis pas seul, une armée gigantesque poussait le bélier depuis le début. Chaque Homme était un point au milieu de la foule. Tous ces points formaient un ensemble, une dynamique organisée dans un chaos le plus total. Chaque individu participait à la grande Œuvre en pratiquant l’Art. Une humanité liée pour combattre et accéder à un jardin d’Eden. Cependant, lieu inaccessible du fait de la pauvre capacité humaine. Il nous faut changer de point de vue, une vision négative entraverait le moral. Ainsi, on se concentrera plus sur les actions entreprises. L’avancement de l’humanité nous donnera certainement plus d’espoir dans cette quête de recherche ou plutôt de création.

La grandeur de ces espaces est vertigineuse. Défiant toute imagination, il paralyse l’esprit qui essaie de l’imaginer au complet. Mais, est-on sûr que ces espaces sont bien infinis ? Comme les Grecques qui essayaient de connaitre la forme de la terre, on peut essayer de comprendre ce monde pour en avoir une idée. Il nous faut pour cela réfléchir sur l’Art. Une première pensée est de se demander si elle est calquée sur la nature. Effectivement, quand elle est appliquée aux sciences, on en voit toute la merveille et la richesse crée. Or, l’Art permet beaucoup plus, l’Homme a peint dans son esprit une Œuvre qui est liée à l’Humanité. L’Art est intrinsèque à l'Homme, cependant nous pouvons changer les couleurs que nous utilisons pour modifier l’Œuvre. L’important n’est pas son existant, car elle est présente dans chacun d'entre nous, mais plutôt comment nous la pensons et la percevons au fil de l’histoire. Chaque période a pratiqué l’Art à sa façon, néanmoins aucune n’est plus importante. Tant que l’Art sera pratiqué, des murs seront franchis. Son développement est limité à l’humanité. Au final, elle peut évoluer de manière infinie.


K-Lipschitzienne