Une pensée

Préface: Poème selon certains, essai de pensée pour d’autres. Peut-être que ce texte est situé entre les deux. Selon moi, il est trop déstructurer pour être le premier et trop pauvre pour le second. Dans un certain doute, je vous laisse juger. Ce texte est inspiré des textes de Grothendieck.


La construction mathématique repose sur une fondation dont les mathématiciens sont les artisans. Ils créèrent une grande maison, ou tous les biens pensants étaient dans un bonheur intellectuel, une sorte d’univers utopique. Chacun de ces êtres répare, crée ou réaménage cette grande bâtisse. Telle une grande famille unie, mais xénophobe. Ces bâtisseurs étaient des artisans. Ces piètres, malgré leurs utilités, méprisent les « Artistes ». Haïssent les créateurs de nouveau monde, insultant les aventuriers. Car ils sont bien au chaud dans leurs maisons, loin de l’erreur, ils ne font que consolider leurs acquis. Maîtriser un seul monde est leurs buts, leurs objectifs, leurs missions, leurs croisades. Leur ouverture d’esprit est à origine de leurs fabulations rabaissant les « Artistes ». Une pensée nouvelle n’est, pour eux, que pure hérésie. Mais, peut-être n’ont-ils pas envie de découvrir de nouvel espace. Ces biens pensants ne sont ni les méchants de l’histoire, ni les « bizarres », ni les hérétiques. Ô non, ils sont selon eux la pureté, l’unique vérité. Tout cela n’est qu’une illusion, un rêve idéal qui est réel. Un rêve vécut, un rêve ressentit au plus profond, fessant marcher leurs « logiques », leurs esprits « rationnels » source de tous les problèmes. Le monde mathématique n’a rien à voir avec dû rationnel. Elle doit être vécu avec émotion, elle doit susciter en nous passion, rage, amour, humilité et beaucoup d’autre sentiment (« les oubliés »). « Les oubliés » est un ensemble infini, aussi riche que l’offre la pensée et la création de l’« Art ». Mais eut, il préfère rester dans leur rationalité, dans leurs sciences à deux francs. Les malheureux, certainement victimes de la « malédiction de notre temps », sont bien aveugle dans ces temps ou le savoir n’a jamais autant brillé. La mathématique est un « Art », un « Art » de vivre, un « Art » de penser, un « Art » de créer, un « Art » unique qui est à la fois multiple. La pensée mathématique doit suivre les époques, elle suit l’être, elle en est son miroir. Mais alors pourquoi ces artisans refusent d’imaginer?

Je ne répondrai pas à cette question, bien qu’elle soit intéressante, je vais m’intéresser plutôt à son conjugué. À vrai dire l’important n’est pas le conjugué au sens de la définition pure. La création de l’artiste est possible par un état d’esprit qu’il a développé au cours de toute sa vie. De ce fait, la pensée artistique est unique sans vraiment l’être. La création est soumise aux règles de la « mode », en quelque sorte elle suit l’histoire, elle la représente sous une forme miroir de la société. Les qualités nécessaires sont très rarement données aux artistes. Pour pouvoir créer des univers, il nous faut l’âme d’un enfant. Une âme riche, nouvelle, naïve, créatrice et pure. Cette âme rend l’impossible possible, il nous faut toujours aller à sa recherche. Dans certain moment de fatigue, elle vous donnera de l’enthousiasme, une force mythique au font de l’être sortira. Quand vous serez perdue, elle sera votre lanterne au fond de la nuit de la création. Plus puissant que la déflagration de la Tsar bombe, cette qualité singulière frappera la création lui laissant une signature, tel qu’une épée crée une cicatrice dans un corps humain. Mais, nous dérivons au flot des mots, mais cela n’a plus aucune importance. La mathématique est très semblable au poème. Dans les deux on utilise un langage avec pour but d’être le plus précis, le plus exact, le plus concis possible. La recherche du « beau » est aussi l’une des priorités, il faut transmettre des émotions. Les deux domaines partagent une aventure commune. Bien entendu, il n’en est pas toujours des réussites, il y a des échecs dans l’exploration de nouveau territoire. Cette envie d’explorer, de créer vient de l’âme, c’est elle qui amène la force. La contradiction entre l’âme et le sens de la création est visible, peut-être l’un ne découle pas de l’autre. Mais plutôt qu’il faut les deux dans les conditions initiales au système créatif de l’artiste. L’enthousiaste provenant de l’âme pousserait la recherche, l’exploration d’un univers différent. Les autres qualités servent à définir l’artiste. À ce point, il me faut faire une distinction entre le « faux » artiste et le « vrai » artiste. Comme vous vous en doutez le « faux » artiste ne possède pas cette âme d’enfant, alors que le second lui la possède, elle est même lien au plus profond de sa personne, elle ne l’a jamais quitté. Les « faux » artistes ne sont rien que des artisans cachés, des usurpateurs d’identité, ils suivent la « mode ». Or pour créer, il faut être hors des sentiers battue, il faut créer le chemin. Les « vrais » artistes sont ceux dont la pensée est féconde, elle est créatrice et le plus souvent vue comme bizarre. Ces artiste sont pour le plus souvent née trop tôt ou mort trop tôt. Encore une fois, la question est esquivée. Cela n’est pas bien grave, je mène ce récit où va mon désir.

La pensée de l’artiste lui permet de faire prendre le cap à son oeuvre. Plus le terrain sera exploré, plus elle sera riche. En soi l’oeuvre est libre si, et seulement si, l’âme d’enfant est présente. La différence entre un artiste et un artisan, sont que le premier créés des nouveaux monde et le second applique des méthodes. À noter, un artisan peut-être un artiste. En effet, rien n’empêche à l’artiste de créer une maison sous certaines conditions. Hélas, il est bien rare d’être artisans et artiste. Mais dans tous les cas, la personnalité penchera toujours plus d’un coter qu’un autre. Il est bien difficile de créer une oeuvre non stérile. La création de relation aride est d’une facilité déconcertante. Si l’univers est un désert, il sera difficile d’y faire pousser des arbres fruitiers. Mais penchons-nous sur le processus d’imagination d’une « bonne » idée. L’intuition doit certainement agir comme acteur principal. Elle nous éclaire, nous souffle le chemin et nous enveloppe sous un drap protecteur. L’émotion, quant à elle, dirige le tout, notre vécu, notre compréhension, notre état nous permet de connaître le sentier. La rationalité permet tout juste de vérifier, elle est un outil si bien utiliser des artisans.

Une fois cette idée visualisée, elle nous effleure, nous la sentons, elle est la présente. La pensée nous envahit dans notre totalité. Pour la démontrer nul besoin de forcé, nul besoin d’user de violence. Laissons toutes les idées générales au s’alentour, cet océan, nous engloutir. Bientôt, nous ne voyons plus cette idée, elle est rentrée dans l’univers. Une symbiose généralisée contrôle ce lieu.


K-Lipschitzienne